Tu as peut-être raison
Lorsque mon fils violait toutes les règles de la maison et que mon mari et moi avons
essayé de lui faire entendre raison, les choses ont tout simplement empiré. Je savais
que les choses n'allaient pas bien, mais je me disais constamment que si je parvenais
à trouver la solution appropriée à nos problèmes, tout s'arrangerait. J'étais tellement
absorbée à m'occuper de tout le monde à la maison, que j'ai fini par être débordée.
Rien ne marchait. Un beau jour, je me suis sentie vraiment coincée. Je souffrais
tellement que je pensais ne plus pouvoir continuer. La mort était la seule solution que
je pouvais entrevoir. C'est cette pensée qui m'a fait réaliser que j'avais besoin d'aide
- et tout de suite ! J'ai communiqué avec un  conseiller qui m'a rapidement dirigée
vers Al-Anon.
Nous avons discuté des problèmes tels que je les voyais, puis nous avons discuté des
mêmes problèmes tels que le conseiller les voyait. Selon lui, mon mari utilisait  
l'alcool pour fuir toutes les choses auxquelles il ne voulait pas faire face. Il a décelé
que mon fils utilisait lui aussi l'alcool pour éviter de faire face à sa vie. Il a constaté
que j'étais exagérément responsable de tout. J'étais tellement habituée à la
consommation d'alcool de mon mari que je n'avais même pas pensé que l'alcool
pouvait faire partie du problème. Mon fils n'avait que 16 ans et je ne pouvais pas
imaginer que l'alcool faisait déjà partie de sa vie.
J'avais entendu parler d'Al-Anon. Je savais que c'était un groupe d'entraide pour les
familles des personnes ayant un problème avec l'alcool. Je travaillais même dans un
édifice où avait lieu une réunion hebdomadaire d'Al-Anon. Bizarrement, je n'avais
jamais considéré que mon problème puisse être relié à la consommation d'alcool de
quelqu'un.
Je ne voulais pas aller à Al-Anon. Je croyais que le fait d'entrer dans la salle signifiait
que j'admettais avoir un problème que je ne pouvais pas résoudre, moi, une adulte  
compétente.  C'était vraiment effrayant ; mais j'avais réellement confiance en mon
conseiller, alors j'y suis allé.
A ma première réunion Al-Anon, j'ai passé tellement de temps à essayer de bien
paraître que je n'en ai pas retiré grand-chose. Cependant, je suis bonne pour suivre
des directives; j'avais donc l'intention d'assister à six réunions avant de décider si
j'allais continuer ou non. Dès la seconde réunion, j'ai su que j'étais au bon endroit. Je
me souviens avoir entendu des gens dire des choses auxquelles j'avais déjà pensé.
Cela m'a bouleversé ! J'avais tellement honte de mes pensées que je ne les avais
jamais révélées à personne. Pourtant, ces membres avaient les mêmes pensées et les
mêmes sentiments que moi. Ces personnes m'étaient étrangères, mais j'avais
tellement en commun avec elles. J'étais stupéfaite. Je me suis sentie comme chez
moi. Ces gens semblaient heureux même si l'alcoolique buvait encore activement. Je
voulais ce qu'ils avaient. J'ai commencé à écouter et à apprendre, et j'ai commencé à
poser des questions.
Lorsque nous avons eu une réunion sur la Quatrième Etape, j'ai réalisé que les
défauts de caractère faisaient partie des choses dont j'avais discuté avec mon
conseiller. J'étais exagérément responsable. J'avais un problème avec la colère et les
ressentiments. Je me concentrais sur les problèmes plutôt que sur moi. J'ai
commencé à apprendre d'Al-Anon comment me concentrer sur moi-même.
La page 20 du livre Al-Anon un jour à la fois suggère que mes paroles colériques me
reviendront comme un boomerang, qu'elles augmenteront ma souffrance et qu'elles
aggraveront la situation. Dans une réunion, quelqu'un a souligné que même si nous
sommes en désaccord, nous pouvons dire « Tu as peut-être raison ». C'est la
première technique que j'ai décidé d'essayer.
Le jour suivant, mon mari a dit quelque chose que je considérais idiot, et j'ai
répondu : « Tu as peut-être raison ». La dispute a pris fin ! C'était génial de voir que
j'avais déjà fait du progrès !
Mon progrès m'a donné la force d'essayer d'autres suggestions contenues dans Un
jour à la fois. Ce petit livre bleu contient plus de sagesse que je n'en avais jamais
entendu auparavant. Je l'adorais. Petit à petit, j'ai commencé à mettre les principes
Al-Anon en pratique dans ma vie, et ma vie a commencé à s'améliorer.
Mon mari et mon fils n'avaient pas changé, mais moi j'avais changé. Je ne réagissais
pas aux choses comme je le faisais auparavant. J'ai continué à puiser de la force dans
mes succès, ce qui m'a donné encore plus de force pour essayer de nouvelles façons
de faire face à la vie.
En quelques semaines à peine, mon conseiller m'a donné mon congé en me disant
que si je continuais de mettre en pratique le programme Al-Anon, ma vie continuerait
de s'améliorer. Il avait tellement raison !
Aujourd'hui, je suis un membre reconnaissant d'Al-Anon. J'assiste aux réunions et je
suis reconnaissante qu'elles soient toujours disponibles. Je suis reconnaissante pour
les alcooliques dans ma famille. Sans eux et les suggestions d'un bon conseiller, je
n'aurais jamais trouvé le programme qui m'a préparée à faire face à tout ce que ma
vie a à m'offrir. Al-Anon continue de m'aider à me concentrer sur moi, plutôt que sur
les affaires des autres. Merci, Al-Anon !
Le Forum, mars 2004
Cet article peut être reproduit sur Internet en
précisant : Permission accordée par Le Forum,
Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia
Beach, VA
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